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Non, le nombre de fenêtres n'augmente pas votre taxe foncière

Mis à jour le 11 septembre 2026

« Si tu perces une fenêtre de plus, tu paieras plus d'impôts. » Cette croyance a la vie dure — beaucoup de propriétaires en sont encore persuadés. Elle repose sur un impôt réel… mais supprimé il y a près d'un siècle. Voici ce qu'il en est vraiment, et pourquoi vos ouvertures n'ont aucun effet sur votre taxe foncière aujourd'hui.

L'impôt sur les portes et fenêtres a bien existé — de 1798 à 1926

Ce n'est pas une légende : la France a réellement taxé les ouvertures des bâtiments. L'impôt sur les portes et fenêtres a été institué sous le Directoire, par la loi du 4 frimaire an VII (24 novembre 1798), et il est resté en vigueur jusqu'en 1926, soit 128 ans.

Son principe : plus un bâtiment comptait de portes et de fenêtres, et plus elles étaient grandes, plus le propriétaire payait. L'assiette reposait sur le nombre et la taille des ouvertures. L'idée sous-jacente était une forme de progressivité : les demeures les plus vastes ayant le plus d'ouvertures, leurs propriétaires — présumés plus aisés — contribuaient davantage.

Cet impôt faisait partie des « quatre vieilles » contributions directes, aux côtés de la contribution foncière, de la contribution mobilière et de la patente.

Pourquoi il a marqué durablement les esprits — et les façades

C'est sans doute là que la croyance prend racine. L'impôt a laissé des traces bien visibles, encore observables aujourd'hui : sur beaucoup de bâtiments anciens, on voit des emplacements de fenêtres murés, ou de fausses fenêtres peintes en trompe-l'œil — notamment aux angles des immeubles. Deux logiques se combinaient : condamner après coup une ouverture existante pour alléger la note, mais aussi, dès la construction, prévoir moins d'ouvertures ou les remplacer par des murs pleins pour ne pas être taxé.

Ces façades borgnes, que chacun a déjà croisées sur de vieux immeubles, sont l'empreinte directe de cet impôt — et c'est précisément parce qu'elles sont toujours là, sous nos yeux, que la croyance survit. On voit le mur à la place de la fenêtre, on en déduit que « les fenêtres, ça coûte cher en impôts ». La trace physique a survécu près d'un siècle de plus que la règle qui l'avait créée.

L'impôt a par ailleurs été vivement critiqué pour ses effets sur la santé : taxer la lumière et l'air revenait, selon ses détracteurs, à encourager des logements sombres et mal ventilés. Victor Hugo lui-même le dénonce dans Les Misérables. Ce sont d'ailleurs les hygiénistes — médecins soucieux de salubrité — qui ont fini par obtenir sa suppression.

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Il a été supprimé en 1926 — et n'est jamais revenu

L'impôt sur les portes et fenêtres a été aboli en 1926, au profit notamment de l'impôt sur le revenu qui montait en puissance. Deux raisons ont pesé : il faisait double emploi avec l'impôt foncier bâti, et son rendement était devenu faible.

Depuis cette date, aucun impôt en France ne se calcule sur le nombre de portes ou de fenêtres. Près d'un siècle a passé. La personne qui vous dit que percer une fenêtre fera grimper votre taxe se réfère, sans le savoir, à une règle disparue depuis 1926.

Ce qui compte vraiment pour votre taxe foncière aujourd'hui

La taxe foncière actuelle ne compte ni vos portes ni vos fenêtres. Elle repose sur la valeur locative cadastrale de votre logement, une valeur théorique calculée par l'administration à partir de caractéristiques bien précises :

  • la surface pondérée du logement (et non le nombre d'ouvertures) ;
  • la catégorie de votre bien (son standing, de 1 à 8) ;
  • son état d'entretien ;
  • ses éléments de confort (eau, WC, chauffage, sanitaires…) ;
  • ses annexes et dépendances (garage, cave, terrasse…).

Une fenêtre supplémentaire ne figure dans aucun de ces critères. Ce qui peut faire varier votre valeur locative, ce sont ces caractéristiques-là — et c'est précisément là que des erreurs se glissent parfois, en votre défaveur.

D'où vient la confusion aujourd'hui

Le mythe des fenêtres ressurgit régulièrement, dès qu'une mesure fiscale paraît absurde ou intrusive : rumeurs d'un « impôt sur les balcons », piscines repérées par vues aériennes, vérandas non déclarées. À chaque fois, le vieux réflexe « l'État va taxer mes ouvertures » refait surface. C'est un raccourci : ces sujets concernent la déclaration de surfaces ou d'aménagements réels, pas un comptage de fenêtres.

La vraie question n'est donc pas « combien ai-je de fenêtres ? », mais « les caractéristiques retenues pour mon logement sont-elles exactes ? ». Une surface surévaluée, une catégorie trop élevée, un élément de confort qui n'existe plus : voilà ce qui peut gonfler votre taxe foncière — et ce qui peut se contester.


Pour aller plus loin : Comment contester sa taxe foncière en 2026 · Surface pondérée · Catégorie cadastrale, comprendre le classement de 1 à 8 · Coefficient d'entretien.

Cet article a une vocation d'information. Recalcul-Taxe-Fonciere.fr vous aide à lire et reproduire le calcul de votre valeur locative ; vous restez seul maître de vos démarches auprès de l'administration.

Questions fréquentes

L'impôt sur les portes et fenêtres existe-t-il encore aujourd'hui ?

Non. Institué en 1798, il a été définitivement supprimé en 1926 — soit il y a environ un siècle. Aucun impôt français ne taxe aujourd'hui le nombre de portes ou de fenêtres d'un logement.

Le nombre de fenêtres de mon logement influence-t-il ma taxe foncière ?

Non, en aucune façon. La taxe foncière actuelle repose sur la valeur locative cadastrale, calculée à partir de la surface pondérée, de la catégorie du bien, de son état d'entretien et de ses éléments de confort — jamais du nombre d'ouvertures.

D'où vient cette croyance si elle est fausse depuis 1926 ?

De traces bien réelles : de nombreux bâtiments anciens conservent des fenêtres murées ou peintes en trompe-l'œil, condamnées à l'époque pour échapper à l'impôt. Ces façades, toujours visibles aujourd'hui, entretiennent la confusion.

Qu'est-ce qui détermine réellement le montant de ma taxe foncière ?

La valeur locative cadastrale de votre logement : sa surface pondérée, sa catégorie (1 à 8), son état d'entretien et ses éléments de confort — des critères vérifiables, très différents d'un simple comptage d'ouvertures.

Jérôme Honnorat, fondateur de Recalcul-Taxe-Fonciere.fr

Jérôme Honnorat — ingénieur logiciel, fondateur de JHO Connect (Marseille)

J'ai décodé la méthode d'évaluation DGFiP de 1970 pour permettre à chaque propriétaire de vérifier sa taxe lui-même.

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